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Les hôtes qui séjournent au monastère dans le bâtiment
qui leur est réservé, l'hôtellerie, peuvent y faire l'expérience de
cette fécondité. Chacun y est accueilli et accompagné avec ses désirs,
ses interrogations, ses soucis, sa recherche. Tout moine a d'abord été
un hôte. Mais le rayonnement d'une communauté de moines ne se limite
pas à ceux qui l'approchent de plus ou moins près. En vertu d'une mystérieuse
solidarité humaine universelle, tout homme qui grandit en humanité est
porteur de vie, aussi caché soit-il. Notre foi en Jésus Le Christ nous
fait découvrir que c'est dans la communion à Sa Vie qu'une telle fécondité
s'accomplit. Cette affirmation qui peut paraître bien obscure est indispensable
à sa marche éprouvée, insoupçonnée vie de moine, cloîtré, séparé du
monde!
Étrangeté d'un éloignement apparent d'une vie en société
vécue par l'immense majorité de nos semblables! Mais quiconque a pu
faire l'expérience, l'espace d'un retrait, du silence et de la solitude,
peut en pressentir le bien-fondé. Cette expérience d'absence rend le
moine présent autrement a soi, à Dieu et aux autres. Cette expérience
de solitude est à la vie de l'Humanité ce que sont les silences évocateurs
à l'harmonie d'une belle musique. " Heureux les coeurs purs car ils
verront Dieu ". Cette expérience de solitude s'inscrit jusque dans la
chair par le Voeu de célibat. Pour une vie qui se doit chaste, ne s'appropriant
rien en particulier, une vie dilatée par l'Amour Universel du Christ.
Car c'est bien là le propos de la voie monastique: la pureté du coeur
et du corps, comme de l'esprit.

Elle vient de l'Esprit de Jésus, comme l'eau qui purifie, baigne ce coeur, ce corps et cet esprit. " Crée en moi un coeur pur " dit un psaume. La beauté d'une telle création est unique. Déjà Dieu l'Invisible s'y laisse pressentir en Sa Paix. Toute La Règle de saint Benoît est orientée, pointée, tel le clocher de notre église, vers ce ciel qu'est un coeur apaisé, dilaté, ouvert à l'Infini. C'est là un don qui ne peut être le fruit exquis des seuls efforts du moine, si performant soit-il. Il est
don de Jésus Ressuscité.
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C'est aussi une fleur du désert que notre
Vénérable
frère Marie-Joseph Cassant (1878-1903), guidé par son père spirituel
Dom André Malet (1862-1936), a cueillie, l'Église en témoigne. Ce jeune
moine dont le tombeau se trouve dans notre église, est entré à l'âge
de seize ans dans la vie monastique. L'évoquer c'est reconnaître un
humble et un petit, selon l'Évangile, dont le coeur a intensément brûlé
d'Amour pour Le Coeur de Jésus. Emporté par l'épreuve de la maladie
dans la fleur de ses vingt-cinq ans, son passage au désert est pour
nous une source de foi et d'espérance. |
"La Paix soit avec vous", ami
lecteur qui venez de porter votre regard sur le chemin des moines de
cette abbaye Sainte-Marie-du-Désert.
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