Réfectoire et cuisine

L’horaire monastique est constitué d’un subtil équilibre entre travail, prière et étude. Pour spécifier cet équilibre, on a aimé retenir deux verbes, passés sous forme de devise : « Ora et labora » (« Travaille et prie »). Pour qualifier cet équilibre, on a aussi parlé de fine « marqueterie ».
Mais saint Benoît sait que l’homme n’est pas un ange. Il sait donc que l’homme a également besoin de se nourrir, non pas seulement socialement par le travail au service du bien commun, ni non plus uniquement intellectuellement par l’étude ou spirituellement dans la prière et l’oraison ; mais qu’il a aussi besoin de se nourrir corporellement. Aussi, avec l’église, le scriptorium et les lieux du travail, la cuisine et le réfectoire occupent une place importante dans les préoccupations pratiques de saint Benoît ; et, autant que les autres aspects de la vie matérielle, il souhaite donc placer la question des repas sous l’autorité de sa Règle en prévoyant, selon les temps de l’année liturgique : horaire des repas, nature des mets qui sont servis et, plus prudemment, leur quantité.




Mais de tout ce que Benoît recommande en ce domaine, on retiendra surtout que la cuisine est le lieu où, pour lui, se manifeste au mieux l’amour fraternel qui doit unir chacun des frères entre eux. C’est si vrai que, à de très rares exception près, il n’exempte aucun frère du service de la cuisine, car, explique-t-il, « par cet exercice, on acquiert plus de mérite et de charité » (RB 35, 2).



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