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Le
père Marie-Joseph Cassant (1878-1903) et dom André Malet (1862-1936) :
fécondité d'une amitié spirituelle
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Le
P. Marie-Joseph Cassant était un jeune moine dont l'aspect chétif et
les maladresses ne laissaient guère soupçonner aux yeux
de ceux qui l'ont connu durant les huit années qu'il a passées
dans le cloître, l'exceptionnelle richesse intérieure. Car
cette âme humble, petite à tous égards aux yeux des
hommes, était littéralement dévorée de l'amour
de Jésus. A tel point que Jésus fut le tout de sa vie. Il
avait faite sienne la formule suggérée par son père
spirituel, le P. André Malet : " Tout pour Jésus ". Elle
devint pour lui le leitmotiv d'une fidélité héroïque
a toutes les exigences de son devoir d'état. Comme Thérèse
de Lisieux, le P. Marie-Joseph Cassant s'est sanctifié, au milieu
de grandes épreuves physiques et morales, dans l'accomplissement
par amour, du banal, mais " terrible quotidien ". N'écrivait-il
pas en effet : " Ne vivre que d'amour et par amour " ... en " faisant
tout pour plaire à Jésus". Ce fut là sa forme de
prière continuelle : " Penser à Jésus, en l'aimant
".
Mais
c'est surtout à la compréhension bienveillante, à
la fermeté, à l'inaltérable patience du
P. André Malet, que le P. Marie-Joseph Cassant dut de s'épanouir pleinement
dans sa vocation monastique. Une des caractéristiques de la " sainteté
" du P. Marie-Joseph Cassant fut précisément sa parfaite
limpidité à l'endroit de son père spirituel et sa
constante docilité à ses directives.

Il
appartient maintenant à l'Église de reconnaître et
de proclamer officiellement cette " sainteté ". La cause de béatification
du P. Marie-Joseph Cassant a été introduite à Rome
(décret : " Umbratilem Vitam ", du 19 février 1956). Récemment, l'avocat de la cause a présenté le
dossier contenant les témoignages recueillis lors des procès
informatif (1936-1937) et apostolique (1960-1963), en vue
de la discussion future de l'héroïcité des vertus du
serviteur de Dieu.
Le
livre du P. dom Étienne Chenevière, " L'attente dans le
silence " (DDB 1961, réédité en 1981), retrace admirablement l'itinéraire spirituel du P. Marie-Joseph
Cassant. Dans un autre ouvrage, " Toi seul me suffis " (Westmalle, 1971), dom Étienne Chenevière dépeint la physionomie
si attachante du P. André Malet. Il montre l'intense rayonnement
que celui-ci a exercé, une fois devenu abbé de Sainte-Marie-du-Désert (1911-1936), sur sa communauté et sur l'ordre tout entier,
par ses travaux érudits d'historien et de liturgiste, et surtout
comme maître de vie spirituelle. L'ouvrage de dom André Malet
: " La vie surnaturelle, ses éléments, son exercice " (paru
en 1933, réédité en 1934 et 1947), présente
la synthèse de l'enseignement doctrinal du quatrième abbé
de Sainte-Marie-du-Désert à ses moines.
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