Abbaye Sainte-Marie-du-Désert

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L'expansion

 

La jeune et florissante abbaye de Sainte-Marie-du-Désert allait très rapidement essaimer; en France d'abord, en Espagne ensuite.

  • L'abbaye d'Igny

Située au coeur de la Champagne, cette abbaye avait été fondée par saint Bernard de Clairvaux, en 1128.

Igny est surtout célèbre par son second abbé, le bienheureux Guerric (mort en 1157), dont les écrits ont profondément marqué la spiritualité cistercienne du XIIè Siècle cette spiritualité que l'on a caractérisée sous le nom d' "école de la charité ".

L'antique abbaye d'Igny fut démolie au cours du XVIIIè siècle, pour être remplacée par un nouveau monastère dont les bâtiments, avec une église en forme de rotonde, étaient à peine achevés lorsque éclata la Révolution. Les moines furent alors contraints de s'exiler, le monastère et la propriété furent vendus.

Or, ces bâtiments demeuraient encore intacts, lorsqu'en 1875, Mgr Langénieux, archevêque de Reims, résolut d'y réimplanter une communauté monastique cistercienne. Il sollicita le père abbé de Sainte-Marie-du-Désert, dom Étienne Salasc, qui, fin décembre 1875 et fin janvier 1876, envoyait à Igny deux groupes de moines, dix au total.

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Mais ce "second Igny n'aurait qu'une existence éphémère. En effet, la Première Guerre mondiale mobilisa les éléments les plus jeunes de la communauté, et en 1918, lors de l'offensive victorieuse des armées alliées, les allemands firent sauter le monastère à la dynamite.

Deux noms illustrent ces quarante années de l'histoire d'Igny. Le premier est celui de Mgr Augustin Marre. Ancien moine de Sainte Marie-du-Désert, il fut élu abbé d'Igny en 1885; cinq ans plus tard, il devenait évêque auxiliaire de Reims, et en 1904, abbé général de l'ordre. Le second est celui du célèbre romancier J. K. Huysmans qui, en 1891, retrouvait au pied du grand calvaire d'Igny, le chemin du retour à Dieu. Dans son livre " En route ", où il décrit sa conversion, Huysmans parle avec admiration des moines de Sainte-Marie-du Désert qu'il a connus à Igny. Ainsi, le "bon frère Siméon " est en réalité le F. Isaac Taupiac, l'un des premiers qui furent envoyés à la fondation de Sainte-Marie-du-Désert, le 21 décembre 1852.

Le monastère d'Igny fut reconstruit en 1926; il est devenu depuis 1929 une importante abbaye de moniales cisterciennes.

  • Saint-Isidore et Viaceli

En 1881, dom Étienne Salasc avait été élu abbé de la Trappe, et donc vicaire général de la congrégation. Il conservera ce dernier titre jusqu'à la fusion en un seul ordre (1892) des trois congrégations trappistes de Notre-Dame de la Trappe, de Sept-Fons et de Westmalle (en Belgique).

La communauté de Sainte-Marie-du-Désert fixa alors son choix sur le P. Candide Albalat y Puigcerver. Cet Espagnol de noble origine (un de ses oncles maternels avait été ministre) avait dû s'expatrier pour pouvoir répondre à son désir de vie monastique. Les ordres religieux en effet n'existaient plus en Espagne depuis 1835. Sur les conseils de son curé, ancien moine cistercien de la congrégation de Castille, il vint demander son admission à Sainte-Marie-du-Désert, le monastère le plus proche des Pyrénées.

Or, dom Candide va devenir le restaurateur de l'ordre cistercien en Espagne. En 1891, il fondait le monastère de San Isidro de Dueñas, dans le diocèse de Palencia, en Castille. Ce monastère eut pour premier abbé l'ancien prieur de Sainte-Marie-du-Désert, dom Ange Ginabat (1900-1916)

Devant les menaces d'expulsion qui, au début du siècle, planaient sur les monastères et les maisons religieuses de France, dom Candide chercha un refuge éventuel pour la communauté de Sainte-Marie-du-Désert. Il le trouva à nouveau en Espagne, à Côbreces, dans le diocèsede Santander. Ce fut la fondation de Viaceli. Mais, grâce à l'intervention du père abbé de Sept-Fons, dom Jean-Baptiste Chautard, auprès de Georges Clemenceau, les communautés cisterciennes de France ne furent pas expulsées. Dès lors, Viaceli devint maison autonome et, de ce fait, la deuxième " maison fille " de Sainte-Marie-du-Désert. La communauté actuelle de Viaceli conserve toujours pieusement le souvenir de son premier abbé, dom Emmanuel Fléché (1926-1940), lui aussi ancien moine de Sainte-Marie-du-Désert.

 

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