Abbaye Sainte-Marie-du-Désert

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                                                           Son histoireLa visiter - La vie monastique - Bhx M-J CASSANT
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La fondation du monastère (1840- 1852) par des cisterciens-trappistes

 

Déjà nous avons fait allusion au fulgurant essor de l'ordre de Cîteaux, dont la naissance est contemporaine de Marie Desclassan et des origines de Sainte-Marie-de-l'Herm. Alors que le petit sanctuaire marial reste humblement caché dans son vallon, Cîteaux poursuit sa course à pas de géant et devient un arbre immense dont la ramure couvre toute l'Europe, atteignant même, sur les pas des croisés, la Terre sainte. Cependant, après un âge d'or, suivi d'une période de stabilité, survint la décadence, accélérée a partir du XVI- siècle par la mise en " commende " des abbayes : on en confiait le gouvernement à des personnes étrangères à la vie monastique, plus intéressées par les revenus de leurs domaines que par le niveau spirituel des communautés. Quelques réformes essayèrent de rétablir la situation. La plus vigoureuse, partie de l'abbaye de la Trappe, en Normandie, au XVIIème siècle, eut pour promoteur l'abbé de Rancé, condisciple et ami de Bossuet. Formés à rude école, les fils de Rancé, les "trappistes", traversèrent sans faiblir la tourmente révolutionnaire. Dès 1815, après une incroyable odyssée qui les mena jusqu'en Russie, ils revenaient en France; ils restauraient plusieurs monastères, notamment, au diocèse de Valence (Drôme), l'antique abbaye d'Aiguebelle, fondée en 1137 par Morimond, quatrième fille de Cîteaux. Les vocations affluèrent à Aiguebelle, qui allait devenir très vite une pépinière de fondateurs.

Un projet de monastère

Début septembre 1849, le P. Avignon, missionnaire du Calvaire de Toulouse, était venu, sur l'invitation du curé de Bellegarde, l'abbé Castérès, prêcher dans la chapelle de Sainte-Marie-de-l'Herm une neuvaine préparatoire à la fête de la Nativité de la Sainte Vierge. Séduit par la solitude du lieu, le zélé missionnaire songea qu'elle conviendrait à l'établissement d'un monastère de contemplatifs. Il fit part de son idée aux prêtres des huit paroisses environnantes venus se joindre à lui le samedi 8 septembre 1849. Bien que certains eussent objecté la modicité des ressources paroissiales pour couvrir les dépenses qu'entraînerait la construction d'un monastère, tous acceptèrent cependant le projet avec enthousiasme. Un moment, il fut question d'appeler des chartreux; mais très vite, on opta pour les cisterciens-trappistes, dont la vie de prière et de travail serait, au dire de l'abbé Albouy, curé de Garac, un exemple pour les populations rurales d'alentour.

Le rôle d'Aiguebelle

Consultés, le cardinal d'Astros, archevêque de Toulouse, son coadjuteur Mgr Mioland et les membres du conseil archiépiscopal, donnèrent leur approbation unanime, tout en exprimant le désir que la fondation fût réalisée par l'abbaye d'Aiguebelle. En effet ce monastère n'avait pu satisfaire en 1842, à une première demande de fondation dans le diocèse (à Toutens, doyenné de Caraman). Dans ce but, ils chargèrent le P. Avignon de se mettre en relation avec le père abbé d'Aiguebelle, dom Orsise Carayon. Il le fit par l'entremise d'un jeune prêtre de Toulouse (ordonné le 22 septembre 1849), l'abbé Gabriel Mombet, qui se disposait à entrer au noviciat d'Aiguebelle. Il devait devenir cinq ans plus tard, abbé de ce monastère (I854-I882).

La lettre que celui-ci adressa à dom Orsise, et dont l'original est conservé dans les Archives d'Aiguebelle, est datée du 29 septembre 1849, trois semaines exactement après la clôture de la retraite prêchée par le P. Avignon. L'abbé Mombet a visité les lieux et il expose les motifs qui lui semblent favorables à une fondation. Une paroissienne de Garac, Mme Marie-Joséphine Guyon, née Dupeysset, offre la métairie du " Mouchet ", qu'elle possède à une centaine de mètres de la chapelle, avec les terres qui en dépendent : quarante arpents (vingt hectares environ). On pourrait de plus, grâce à une somme que donne par testament une dame infirme de la région, acquérir une propriété plus petite attenante à la précédente, sur le terrain de laquelle on construirait le monastère.

De telles générosités étaient certes encourageantes, mais elles demeuraient le fait de personnes isolées. Il fallait dès lors intéresser au projet de fondation tous les prêtres et tous les fidèles du diocèse. A cet effet, on lança une souscription qui, placée sous le patronage du cardinal archevêque de Toulouse, allait connaître un succès inespéré.

Dom Orsise se montra on ne peut plus favorable. Mais sa réponse (mars 1850) ne laissait pas prévoir les difficultés qu'allait rencontrer l'autorité diocésaine dans ses tractations avec le chapitre général de la congrégation de la Trappe (constituée en 1847). Car c'est de cette instance suprême que dépendait en définitive l'approbation de toute nouvelle fondation.

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L'abbé Roger, vicaire général de Toulouse, écrivit alors au père abbé de Notre-Dame de la Trappe, dans l'Orne, dom Joseph-Marie Hercelin, vicaire général de la congrégation. Mais sa requête, présentée au chapitre général de I85o, resta sans réponse. Il écrivit à nouveau en 1851. Les prêtres de la commission diocésaine pour la gérance des fonds destinés à la fondation s'adressaient de leur côté au père abbé de Bellefontaine, dom Fulgence Guillaume, sous la Juridiction duquel venait d'être momentanément placé le père abbé d'Aiguebelle, dom Orsise. A nouveau pressenti, le chapitre général de 1851 se réserva de " statuer plus tard " sur les deux demandes présentées par Toulouse (Actes des chapitres généraux 1951, session 11, 13 septembre).

 

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