Six mois avant la nativité du Seigneur Jésus, Fils de Dieu, fils de la Vierge Marie, la « Noël d’hiver », la liturgie nous invite à la célébration d’une autre nativité, celle de Jean-Baptiste, fils d’Elisabeth et de Zacharie, la « Noël d’été ». Naissance marquée de faits étranges, mystérieux ! « Que sera donc cet enfant ? » vient de nous dire l’évangile du jour.
Au témoignage de Jésus lui-même, Jean est plus qu’un prophète. Il est le « messager » qui Le précède, il inaugure l’Evangile. « Jusqu’à lui, ce furent la Loi et les prophètes, depuis lors, le Royaume de Dieu est annoncé, » nous dit encore St Luc. Et Jean, dans le prologue de son évangile, nous précise aussi : « Il y eut un homme, envoyé par Dieu, son nom était Jean. Et il était venu comme témoin, pour rendre témoignage à la Lumière, et préparer au Seigneur un peuple capable de l’accueillir. » Jean-Baptiste lui-même, devra souvent préciser et rappeler son rôle. La seconde lecture de ce jour, dans les Actes des Apôtres, nous le dit clairement : « Au moment d’achever sa course, Jean disait : ‘ce que vous pensez que je suis, je ne le suis pas. Mais le voici qui vient après moi et je ne suis pas digne de retirer les sandales de ses pieds. »
De fait, Jean n’a jamais voulu usurper un rôle qu’il n’avait pas. Il n’a pas peur de le dire et de le redire. Oui, il est bien le plus grand des prophètes, le précurseur, le héraut, témoin du Messie. « Une voix qui crie dans le désert ».
Mais nous pouvons ajouter :
-Une voix claire et déterminée : il a nié sans ambages d’être le Messie et n’a pas cédé à la clameur populaire enthousiaste.
-Une voix authentique et sans feinte, avec l’humilité et la richesse expressive de celui qui appartient totalement à la personne qu’il annonce.
-Une voix autorisée et percutante dont Jésus s’est servi. « Le baptême de Jean, venait-il de Dieu ou des hommes ? Si nous disons des hommes, nous devons redouter la foule ; si nous disons de Dieu, pourquoi ne l’avons-nous pas suivi ? »
-Une voix qui atteint son but et accomplit sa mission : « Il faut maintenant qu’il grandisse et que je diminue. »
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Une voix qui persiste jusqu’au bout et que seule l’épée arrive à faire taire.
Oui, Jean était une voix qui osait se faire entendre. Et Jésus Lui-même précise encore, en disant de lui: « Jean était la lampe qui brûle et qui luit ».
Une lampe ardente :
-de prière pure et continue ;
-de celui qui ne préfère rien à l’amour du Christ ;
-de celui qui obéit rapidement, dans la joie et la docilité, les yeux fixés sur Dieu ;
-de celui qui désire de toutes ses forces la vie éternelle ;
-de celui qui cherche vraiment Dieu.
N’est-ce pas là notre vocation à nous aussi, de laisser passer le Seigneur Jésus à travers nous, par notre manière d’être, par notre silence, et plus rarement par nos paroles ? N’est-ce pas ainsi que nous annonçons le Seigneur ? Car enfin, nous éclairons et nous rayonnons quand l’amour de Dieu en nous parvient aux autres, c’est-à-dire quand, même sans le savoir, nous sommes un point de référence pour quelques uns. Quand nous appuyons, stimulons, consolons et sommes des femmes et des hommes de paix, de clarté, de correction fraternelle… Quand le bon zèle fait de nous des constructeurs de la Communauté. Oh, cher Jean-Baptiste, fais que nous ayons un cœur bien disposé, qui brûle, illumine et soit rempli de joie par la présence du Seigneur

F. J-M