Dieu dans un homme ! C’est bien le Mystère de NOËL que nous avons célébré la nuit dernière : Mystère d’un Dieu qui a pris totalement notre nature d’homme. Et quand nous sommes invités à contempler l’enfant Jésus, né de Marie, couché dans une mangeoire, sous la protection de Joseph, admiré par les bergers et les pauvres de Bethléem, nous contemplons Dieu, le Seigneur de l’Univers ! Mystère par excellence ! Folie de Dieu qui se fait l’un de nous, et devient enfant pour se donner ! Dieu nous traduit ainsi son Amour et sa Tendresse, Sa nature divine s’unit à notre nature humaine de la manière la plus rassurante, en se faisant petit enfant !
Et ce matin, St Jean nous offre, si je puis dire, en prologue de son Evangile, le résumé théologique de cette fête de Noël. Ce Jésus qui vient, c’est Dieu en parole d’homme, c’est sa manifestation visible, c’est son visage même. La Parole s’est faite chair, c’est-à-dire qu’en nous envoyant son Fils, Dieu exprime au maximum qui Il est : un Dieu d’amour, d’alliance et de fidélité. « Au commencement, était la Parole, et la Parole était Dieu ».
St Jean nous ajoute encore, dans l’évangile de ce matin : « La Parole, le Verbe, était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme venant dans le monde ». Depuis plus de deux mille ans que nous annonçons la venue de Jésus comme Sauveur pour tous les hommes, il n’est pas un jour où cette Bonne Nouvelle n’est pas proclamée. Elle a offert une espérance à bien des générations, à bien des peuples, et aujourd’hui encore, elle illumine le cœur de nombreux êtres de cette terre.
Mais nous le savons bien, plus que jamais aussi, il en est qui font tout pour éteindre cette Lumière, et la combattre. Cette Lumière vient d’en haut et sa nature n’est pas humaine. Jésus est bien homme mais il est aussi le Fils de Dieu et sa vie n’est pas vaincue par la mort, ni par la finitude de cette terre. Jésus, nous apporte une dimension éternelle capable de dépasser les considérations temporelles. Pour autant, s’il est venu en ce monde, c’est bien pour partager notre vie humaine dans toutes ses dimensions et avancer au jour le jour sur les chemins de cette vie.
En célébrant, en ce jour de Noël, la naissance de l’Enfant-Dieu, nous sommes appelés à accueillir dans notre histoire personnelle, le signe même de l’amour et de la paix. Ce n’est pas seulement une espérance inconnue comme celle annoncée par Isaïe, c’est une présence qui devient source de confiance. Présence de Jésus au cœur de notre existence ! Plus et mieux encore, Jésus vient demeurer au plus intime de notre cœur, si nous l’accueillons en vérité : oui, «à tous ceux qui l’ont reçu, il a donné de pouvoir devenir enfants de Dieu ! »
N’allons surtout pas voir dans cette venue de l’Enfant-Dieu, l’œuvre d’un magicien ! Son action vise le cœur de l’homme, il vient l’habiter pour nous apporter la seule vraie richesse, celle de l’amour. Et l’Amour qui nous est offert, c’est Celui-là-même d’un Dieu qui vient à nous en mendiant, sans s’imposer. Son règne n’implique ni domination ni soumission. Il est Bonne Nouvelle, car nous sommes bien appelés à devenir, nous aussi « enfants de Dieu » ! Et c’est bien la pointe du prologue de St jean : Dieu se fait homme pour que nous devenions ses filles et ses fils, afin que Jésus puisse dire à chacune et à chacun d’entre nous, comme à Marie-Madeleine : « Va trouver mes frères et dis-leur : je monte vers mon Père et votre Père, vers mon Dieu et votre Dieu.»
C’est bien cela Noël pour nous, aujourd’hui : le jour de notre naissance à la vraie Vie, la Vie même de Jésus, Sa vie de Dieu ! Qu’il en soit ainsi pour chacune et chacun de nous !

F. J -M