C’est bien la lumière de Pâques qui nous conduit jusqu’en cette Fête de la Miséricorde Divine. Oui, c’est à juste raison que Saint Jean-Paul II a voulu instituer cette Fête dès le deuxième Dimanche du Temps Pascal.
La Vie, la Vie donnée depuis l’éternité et promise à l’éternité, a une sève, elle a un sang. Ce sang ne cesse de se répandre depuis toujours et pour toujours.
Il est parfois invisible, comme dans le passage des Actes entendu en première lecture. Pas de signe tangible sinon la guérison d’une multitude : « tous étaient guéris ». Même l’ombre portée de Pierre assure la guérison, comme si un surplus de bienfaits cherchait à atteindre son but.
Ce sang opère une transformation radicale : « des foules d’hommes et de femmes, en devenant croyants, s’attachaient au Seigneur. »
Le don de la Foi, opéré par la Grâce de la Miséricorde ouvre la porte de la Vie à toute femme, à tout homme.
Thomas reconnaissant « son Seigneur et son Dieu », donne au monde et à l’Eglise, la plus belle, la plus totale, proclamation de Foi en Jésus. Pourtant, son incrédulité est totale. C’est la Grâce de la Miséricorde Divine qui, venant à son secours, l’ouvre au Mystère, lui qui avait suivi Jésus, L’avait vu accomplir des signes éclatants, avait entendu Ses paraboles et Ses enseignements. Mais entrer dans le Mystère ne peut se faire sans que le sang de Dieu, Sa Miséricorde, n’irrigue nos veines. C’est le Sang de Jésus, que nous avons contemplé s’écoulant de Ses blessures au pied de la Croix.
Sur notre chemin de Foi, nous sommes appelés par la Miséricorde à passer de cette vision, sensible, tactile, à une vision toute intérieure. Ce n’est pas notre volonté qui le peut mais notre ouverture à la Volonté d’Un Autre, à la Volonté Divine. St Jean à Patmos, lui qui a déjà parcouru un long chemin de Foi en Jésus, est amené plus loin que lui-même. Il nous entraîne, à la suite de la Vision d’« un Fils d’Homme, revêtu d’une longue tunique, une ceinture d’or à hauteur de la poitrine » à contempler « ce qui va ensuite advenir ».
La vision de l’Apocalypse proclame la victoire définitive de la Miséricorde Divine, la victoire du flux d’Amour par lequel Dieu a voulu, a créé, a sauvé le monde du péché.
Pour faire, à notre tour, cette expérience, il nous faut passer par toutes ces étapes, visions extérieures, des bienfaits que Dieu répand par l’intermédiaire de ses saints, et vision intérieure de la guérison qu’Il ne cesse de nous prodiguer, quand nous succombons au péché, nous écartant de Ses chemins d’Amour. C’est ainsi que la Miséricorde divine porte et soutient le monde. Et c’est Elle que l’Eglise est chargée de lui annoncer, et de ce fait encore, l’Eglise est chargée de répandre cette même Miséricorde aux femmes et aux hommes de notre temps, à chacun de nous. Qu’il en soit ainsi, plus que jamais en cette année de la Miséricorde !

F. J-M