Sur notre chemin de carême, après le récit des tentations de Jésus au désert, celui de sa Transfiguration, juste après la profession de foi de Pierre et la première annonce de la Passion pressentie, marque ce temps d’arrêt où Jésus se recueille devant son Père, , pour découvrir, ce qu’il est appelé à vivre, et dans sa lumière transfigurante, ce qu’il est, tout comme nous, appelé à devenir : Le Ressuscité.
Le carême, ce temps de transfiguration, nous promet la même résurrection, mais par les mêmes chemins que lui : la passion. L’Eglise nous invite durant cette semaine à vivre une relation plus profonde avec Dieu. C’est bien le but, la fin de toute existence. C’est un encouragement pour eux qui ont commencé à vivre ce Carême ? C’est une aubaine pour ceux qui pour bien des raisons ont oublié. Voici trois expériences de rencontre avec Dieu - dans la foi - à transposer dans nos vies.
Première expérience : ABRAHAM. Abraham parle à Dieu, il l’interroge, et à travers un rituel ancien de partage et de contrat, il perçoit – dans la foi - que Dieu fait alliance avec lui et sa descendance. Aujourd’hui, chacun est invité à parler à Dieu – chacun avec ses mots – ses cris. Chacun a son rituel pour partager avec Dieu ses façons de faire. Peut-être expérimenterons nous - dans la foi - que Dieu nous dit, encore aujourd’hui : « Je suis ton Seigneur, Je suis avec toi, je fais alliance avec toi et les tiens. »
Deuxième expérience : PAUL La rencontre de la personne de Jésus, après les évènements, alors qu’il le persécutait, a bouleversé sa vie. Il nous invite à suivre Jésus, à tenir bon dans l’épreuve, en évoquant le Croix du Christ, lui qui transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux, avec la puissance qui le rend capable aussi de tout dominer. Aujourd’hui, nous sommes appelés à nous laisser transformer par ce même Seigneur Jésus, à l’écouter et à vivre à fond avec Lui, dans la foi, jusque dans nos croix. Vivre la croix, au sens strict, c’est le cas des chrétiens assassinés pour leur foi, c’est, comme Jésus, souffrir par amour du Père et des frères et donner sa vie pour eux. Pour nous tous, c’est accepter de vivre la réalité de l’existence, si lourde soit elle, avec amour et réalisme, avec Dieu : à chacun de transposer, vous qui soignez l’un des vôtres, avec amour et réalisme, impatience parfois,car c’est difficile et vous le faites avec cœur. Dieu est avec vous.
Troisième expérience : JESUS transfiguré d’amour pendant qu’il priait. Il a annoncé sa mort… La conversation avec Moïse et Elie porte sur cette Passion qui va arriver, et face à cette perspective, il se laisse aimer par le Père, à tel point que cela éclate dans tout son être et sur son visage. Il est transfiguré. Cela encourage et fortifie les trois disciples. Aujourd’hui, c’est nous qui sommes, dans la foi, les filles et fils bien aimés du Père. Dieu est là. Il nous aime. Il nous appelle, face à l’avenir difficile, à ne pas nous angoisser à l’avance, à ne pas imaginer d’avance les difficultés possibles, à ne pas nous laisser écraser d’avance. Quand le moment de l’épreuve sera venu, Dieu sera avec nous. Nous recevrons alors la force de faire face, comme Jésus.
En relisant ces trois expériences de rencontre avec Dieu que nous ont offert les lectures de ce matin, nous pouvons rassembler les moyens que la liturgie souligne pour le rencontrer en profondeur, cette semaine. D’abord, la prière intense qui transfigure la vie : « Pendant qu’il priait, son visage apparut tout autre… » Commencer par me brancher sur Dieu, ensuite, me laisser aimer par le Père, et croire, dans la foi,
que Dieu est avec moi – avec nous et qu’il peut transfigurer nos cœurs. Deuxièmement, écouter Jésus en lisant les Evangiles, comme nous le faisons maintenant. Le faire seuls, mais aussi en groupe : ce sont les groupes de Carême des paroisses et nos partages communautaires. Pas une lecture rapide, superficielle, mais en se laissant bousculer, dynamiser, comme St Paul, c’est une bonne nouvelle de Jésus qui transfigure. Enfin l’épreuve. On ose à peine en parler tellement c’est redoutable dans nos vies, oser pourtant, en s’appuyant sur l’expérience de ceux et celles qui traversent l’épreuve de la maladie, du chômage, de la séparation, du deuil…en étant soutenus par la force de Dieu. En se mettant à leur écoute, en leur permettant d’en parler…Encore une fois, cela n’enlève rien à la difficulté, à la souffrance, mais cela donne une étrange force de vivre. « Ils parlaient de son départ qui allait se réaliser à Jérusalem… » Parfois même, cela donne de goûter au cœur de la peine la Paix de Jésus, c’est transfiguration très humble.
En ce 2ème dimanche de Carême, Dieu nous promet d’être avec nous. Essayons, nous pouvons en être transfigurés.

F. A-M