« Augmente en nous la Foi ! »
Oui, il faut beaucoup de Foi pour vivre l’évangile et ses exigences ! Les Apôtres le pressentaient bien puisqu’ils faisaient cette requête au Seigneur : « augmente en nous la Foi !».
Jésus ne les ménage pas dans sa réponse, une fois de plus! Il ne nous ménage pas non plus, aujourd’hui, quand nous Lui faisons cette demande. Bien souvent nos conditions de vie sont difficiles et nous font peur. Non, il n’est pas plus facile de suivre Jésus et de vivre l’évangile aujourd’hui qu’il y a deux mille ans. Aujourd’hui, comme hier pour les apôtres, nos limites humaines les plus légitimes viennent se mettre en contradiction avec ce que nous pressentons de l’obéissance au Seigneur.
Nous n’avons aucune raison majeure de ne pas oser espérer vivre heureux. Mais, chaque jour, sous nos yeux s’étalent des offenses au bonheur, des injustices, des incompréhensions, le Mal à l’œuvre. La première lecture de ce dimanche est d’une actualité brûlante. Chacun d’entre nous, d’ailleurs, pourrait reprendre à son compte les paroles d’Habacuc : « Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ?»
Pouvons-nous aussi entendre la réponse du Seigneur ? Si l’accomplissement de ma promesse « paraît tarder, attends-la : elle viendra certainement, sans retard » ! Pouvons-nous demeurer dans la Foi en Sa Parole ?
Pouvons-nous, en vérité, entendre cette exigence?
Oui, sans doute, mais ce n’est pas sans souffrances !
C’est bien là que se situe l’appel des Apôtres. Demeurer dans la Foi à travers toutes les épreuves de la vie, cela demande une acceptation sans limites de la souffrance.
Dans la seconde lecture aussi, St Paul exhorte Timothée : « avec la force de Dieu, prends ta part des souffrances liées à l’annonce de l’Evangile » ! On ne peut pas dire plus clairement que la force nécessaire pour répondre à l’appel de Jésus ne vient pas de nous. Nous la recevons du Seigneur qui met en nous, non pas « un esprit de peur, mais un esprit de force, d’amour et de pondération. »
Nous le savons, notre seule force, c’est Jésus qui nous la donne car, sans Lui, nous ne pourrions pas avancer sur le chemin de la vraie Vie et du véritable Amour. En gardant Jésus présent, au cœur de chacune de nos relations, de chacune de nos épreuves, nous réalisons que c’est bien Lui qui nous donne d’oser risquer la confiance pour surmonter tous les obstacles. Grâce à Lui, nous pouvons avancer malgré tout, avec son Amour et notre souffrance humaine.
Avec cette confiance, nous apprenons peu à peu à revenir sans cesse à l’essentiel, c'est-à-dire à Lui, à son Amour et à sa Vérité qui nous sont offerts dans l’écoute de la Parole. Jésus est toujours là, et Il ne nous lâche jamais : nous pouvons en être assurés.
Oui, voilà bien la réalité chrétienne: il n’est pas plus extraordinaire de déraciner un arbre et de l’envoyer se planter en mer, que de garder présent à l’esprit le fait que nous ne sommes que « de simples serviteurs : nous n’avons fait que notre devoir».
Le commandement qui résume tous les autres, qui résume toute la Loi, le premier commandement, c’est le commandement de l’Amour. Voilà ce qui est à portée de notre volonté.
Oui, Jésus, augmente en nous la Foi pour que nous puissions répondre à ton Amour, toujours davantage !
Hors de cela, rien n’est jamais acquis. Ni notre force, ni notre faiblesse. Peut être faut-il, pour certains, rester longuement dans cette seule obéissance, sans voir la réalisation de leurs espérances. Alors, en essayant de donner toujours le meilleur de soi-même, c’est l’amour d’un frère, d’une sœur, qui permettra de tenir, en attendant le jour où la Foi ne sera plus nécessaire parce que nous verrons Dieu face à face.

F. J-M