Vous êtes ici: Au fil du temps Homélies (C)

Demain soir, mes mains seront fixées sur le bois de la Croix, transpercées de clous. Elles ne pourront plus me servir à rien sinon à souffrir cruellement, …jusqu’à ce que mort s’en suive… !
Mais ce soir, ce soir encore, elles peuvent servir pour vous dire mon Amour.
En ce soir d’Amour, il n’est plus temps de parler en paraboles, ce sont mes mains qui parlent et disent ce que Je vous transmets de plus vrai, de plus simple, de plus radical : Je vous aime… ! La mort qui m’attend demain ne sera pas une fin !
Mais, ce soir, nous vivons la fin d’une vie commune. J’ai essayé de vous montrer le chemin de l’Amour et Je crois bien que je vous ai déjà tout dit. Pourtant vos cœurs restent lourds, lents à comprendre, lents à s’ouvrir.
Je ne vous demande plus rien ce soir, que de regarder faire mes mains, de vous en souvenir, et plus tard, quand je ne serai plus avec vous, de refaire de vos mains ce que les miennes auront fait.
Tout l’enseignement de ces trois années se résume dans ces gestes de mes mains : donner le pain et le vin, laver vos pieds. Deux gestes qui, en fait, n’en sont qu’un : le geste de l’Amour qui porte à aimer nos frères.
Je n’ai rien dit de plus pendant ces trois années : « aimez-vous comme je vous ai aimés. ». Si vous m’aimez, vous écouterez ma Parole. Et ce soir, cette Parole vous laisse un mémorial, une nourriture, sans laquelle vous ne pouvez rien faire. Oui, avec elle, tout devient possible. Prenez ce Pain, c’est mon corps. Prenez ce vin, c’est mon sang. Avec ce Pain et ce Vin, avec moi en nourriture, vous devenez ce que je suis. Vous devenez ce que vous êtes de toute éternité : Amour. Amour créé et Amour vivant. Par mes mains qui ont tout créé, je vous donne la nourriture de la Vie en vous.
Vie qui ne vous appartient pas, tout comme la mienne reçue de mon Père, ne m’appartient pas. Ou plus exactement, elle vous appartient dans la mesure où vous la donnez. Donnez-la sans réserve, sans rien retenir. Vous l’avez reçue gratuitement, donnez-la gratuitement. Mettez-vous à genoux devant vos frères ; votre Dieu aussi s’est mis à genoux devant vous. Lavez les pieds de vos frères : votre Dieu a effacé toutes les souillures qui vous défiguraient. Mes mains qui vous ont lavés vous disent que faire de vos mains.
Alors, demain, vous ne comprendrez pas. Vous aurez peur. Vous m’abandonnerez. Mais dès ce soir vous êtes déjà pardonnés, déjà sauvés de votre lâcheté, de vos peurs, de vos péchés ! Je vous en laisse le signe éternel. Ne décidez aucune entreprise sans avoir auparavant mangé Mon Corps et bu Mon Sang. Vous serez alors habités par moi et vous pourrez vous tourner vers vos frères. L’amour rayonnera parce que l’Amour vous habitera. En dehors de Moi, vous ne pouvez rien faire. Ce soir, ce soir du plus grand Amour, c’est le Don que je vous fais pour que vous ayez en vous la Vie Eternelle contre laquelle les puissances de la mort ne pourront rien, jamais.

F. J-M