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La vie chrétienne est une respiration d’Amour.
Le Temps de l’Avent nous est offert pour nous en souvenir, dans chacune des journées de notre vie.
La semaine dernière, nous célébrions le Christ, Roi de l’Univers, pour clôturer l’année liturgique, car c’est bien ce qu’Il est. Lui qui existait avant toute chose, qui récapitule toute la Création en Sa Personne pour l’offrir à Dieu, Son Père et notre Père, par le don de Sa Vie et Sa Résurrection.
Aujourd’hui, nous ouvrons le livre de la nouvelle année liturgique. Nous nous plaçons dans l’attente de Noël et pourtant les lectures nous parlent de la Fin des Temps. Nous nous préparons à célébrer l’avènement du Seigneur mais cela ne suffit pas. St Bernard dans un de ses sermons pour l’Avent nous le dit très clairement ; je le cite : « il ne faut pas que vous pensiez seulement à cet avènement par lequel Il est venu chercher et sauver ce qui était perdu, mais aussi à celui par lequel Il viendra pour vous prendre auprès de Lui ».
Nous devons donc nous placer résolument dans cet entre-deux’, si nous désirons comprendre ce que nous dit la Parole de Dieu.
Le Prophète Jérémie place « la maison d’Israël et la maison de Juda » dans l’Espérance. Au milieu des épreuves les plus dures, la Parole est une « Parole de bonheur ». Un « germe de justice » qui germera « dans la maison de David,…exercera le droit et la justice. » A ceux qui seront « en Juda » c’est à dire à ceux qui seront en Dieu, sera accordée toute justice. Ils seront lavés de toute souillure car ils auront placé leur espoir et leur fidélité dans le Seigneur Seul. Ils pourront être nommés « le-Seigneur-est-notre-justice ».
L’Evangile ne dit pas autre chose mais le dit en la Personne de Jésus. « Jésus parlait à Ses disciples de Sa venue » nous dit l’évangile de ce jour. Les disciples ont-ils compris ? Sans doute pas. De même que nous-mêmes qui peinons à reconnaître en Jésus bien plus qu’une simple image, à peine plus embellie, de notre humanité que nous savons si limitée, si petite. Jésus, Vrai Homme, sans aucun doute, est aussi Vrai Dieu. Il est aussi Vivante Image du Père Créateur vers Lequel Il veut nous conduire.
Ses paroles sont sans ambiguïté : Sa venue sera célébrée, sera annoncée, par la Création toute entière. « Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles ». Ces signes-là seront terrifiants : « les nations seront affolées et désemparées par le fracas de la mer et des flots », « les hommes mourront de peur. »
Mais, quelles nations ? Quels hommes ? Quel « monde » doit craindre que « les puissances des cieux seront ébranlées » ?
Nous, chrétiens ? Nous, « maison de Juda » ? Que vaudrait alors la promesse du Seigneur, notre justice ?
Non. C’est impossible : notre Foi nous le garantit, notre Espérance nous le promet, notre Charité nous en fait vivre.
Jésus, pour nous, est très précis lorsqu’Il nous dit : « quand ces évènements commenceront, redressez-vous, et relevez la tête, car votre rédemption approche ». Le Peuple Chrétien n’est pas « les nations », le Peuple Chrétien n’est pas de ce monde-là. Le Peuple Chrétien, par Son assimilation au Christ est déjà de l’Autre monde, est déjà dans le Royaume. Il est le Royaume puisqu’Il est l’Eglise. Eglise humaine, certes. Trop humaine toujours. Mais, corps mystique du Christ pour rappeler sans cesse que c’est à Dieu que l’humanité appartient, puisque toute la Création appartient à Dieu.
Créé dans un souffle d’Amour, par un Dieu que nous ne connaissons pas, qui est Amour, l’homme créé n’existe que s’il participe à ce souffle créateur.
Créés, nous ne sommes pas séparés de notre Créateur, nous Lui appartenons. Cette expiration d’Amour nous projette dans une aspiration à retrouver Celui qui nous a mis au monde. Le Père et le Fils coexistaient, avant tous les temps, dans l’Esprit, dans cette respiration d’Amour. La Création, fruit de cette respiration d’Amour, n’en est pas séparée : elle y participe. Le créé, dont « Dieu vit que cela était bon », s’achève par la Création de l’Homme et de la Femme, image parfaite de Dieu dans la respiration de l’Amour.
« Restons éveillés », « tenons-nous sur nos gardes », que notre « cœur ne s’alourdisse pas » mais se tienne « dans un amour de plus en plus intense et débordant » et soit trouvé dans cette disposition lorsque « le Seigneur Jésus viendra avec tous les Saints » pour nous présenter au Père. Tels que nous serons trouvés, nous entrerons dans la Vie Eternelle. L’avènement du Seigneur dans le petit enfant sans défense, célébré dans la nuit de Noël, n’a aucun sens s’il ne conduit pas à ce dernier avènement qui récapitulera Tout en tous. Dans cet ‘ entre deux ‘, dans cette incessante respiration d’Amour, accueillons, chaque jour, « le Seigneur qui vient » dans notre cœur pour nous tenir éveillés à Son Amour.

F. J-M