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Parler de la Résurrection : impossible.
C’est un non évènement ; nul ne sait ce qu’il en a été. Et ce n’est pas la sobriété du texte de Marc qui peut nous éclairer sur ce point. Nous restons dans le domaine de l’indicible.
Mais, il est une chose dont nous pouvons parler cette nuit : nous pouvons parler des femmes.
Je dis bien des femmes. Non des « saintes femmes ». Car c’est leur sensibilité féminine qui court tout au long du récit de la Passion et sur laquelle il convient de s’arrêter.
Non point sur un mode mineur. Mais sur un mode majeur : le mode de la Vie.
A la racine de toute vie, une femme est présente. Elle la porte dans son corps ; expérience ineffable que toutes les tentatives biologiques visant à la gommer, ne pourront effacer. La femme connait le prix de la vie. Elle le paye de sa propre mort encore dans de nombreux pays ; et ce n’est pas réduire la femme à son ventre, que de le souligner.
Alors, quand il s’agit de la Vie, la Vie en Dieu, la Vie Eternelle, combien plus faut-il mesurer le rôle, souligné par les Evangélistes, des femmes de la vie de Jésus. Ces femmes qui L’ont suivi, aidé. Ces femmes qui L’aiment.
Qui L’aiment comme seule une femme sait aimer : sans partage, sans souci de conséquences politiques, sociales ou morales. Marie de Béthanie en tête, lors de l’onction que Jésus a si bien magnifiée, six jours avant Sa Pâque. Ce jour-là, Jésus et elle communiaient dans l’unité de l’Amour. Et quel homme, quel disciple, quel apôtre, a vécu cette communion durant le séjour terrestre de Jésus ? Aucun.
Même pas Pierre qui s’apprête à renier trois fois, par peur.
Peur qui n’arrête pas Marie Madeleine, l’autre Marie et Salomé, au matin qui suit le Sabbat. Elles sont tout effrayées, c’est vrai. Mais la peur ne freine pas leur souci du corps de ce Jésus tant aimé. Et même, dans une logique toute féminine, elles font face à une réalité qui ne les arrête pas : « qui nous ouvrira le tombeau ? » Elles ne savent pas que des gardes ont été placés par Pilate au matin du Sabbat. Et, l’auraient-elles su, cela ne les aurait pas arrêtées : elles étaient bien restées le Vendredi soir. Jusqu’au bout. Regardant où était déposé le corps. Sachant déjà ce qu’elles feraient, aussitôt le Sabbat terminé.
Oui, ce sont des femmes qui reçoivent le premier message de la Résurrection, car leur grand amour de Jésus fait d’elles les compagnes privilégiées de Sa Passion : elles ne L’ont pas quitté, jusqu’au pied de la Croix.
Elles auront besoin de l’Esprit Saint, tout comme les Apôtres, comme tout disciple de Jésus, pour dilater leur Amour de Jésus aux dimensions de Sa Nature Divine. Mais, pour l’heure, elles sont les premières dans l’Amour, donc, les premières dans le Mystère de l’Amour par excellence, qu’est la Résurrection.
Une autre femme les a, sans doute, précédées, comme elle est toujours la première en chemin : Marie, Mère de Jésus.
Comment Jésus et Sa Mère ont-ils vécu ensemble la Victoire de l’Amour sur la Mort ? Marie était là, au pied de la Croix. Elle a recueilli Son Fils sur ses genoux. Transpercé. Mort. Mais, celle qui a porté la Vie n’a pu être que la première dans le secret de la victoire de l’Amour et de la Vie.
Comme elle, dès ce soir, que notre Amour de Jésus, à l’image de toutes ces femmes, nous porte et nous fasse vivre.

F. J-M