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N’allons pas croire que Jésus soit né dans un monde idéal. Non, Jésus est né dans un monde de violence, de haines, de rivalités. Hérode, roi d’Israël, ne pouvait pas imaginer une seule seconde qu’un autre que lui porte ce titre. Jésus n’est pas venu en notre monde pour s’opposer à Hérode. Il est venu par contre pour donner son sens au monde d’Hérode.
Aujourd’hui, en France notamment, nous vivons, de plus en plus, sous le règne d’une laïcité vigilante. Et cette vigilance se double d’une agressivité de moins en moins masquée à l’égard de tout ce qui porte le nom de chrétien. La laïcité, hostile, veille à ce que tout perde son sens. Notre société avance avec de plus en plus de détermination, à contresens de toute raison : crise du travail, crise de l’éducation, crise de la famille, crise du système de soins et du respect de la vie. Il ne s’agit plus d’une perte de repère; il s’agit d’instaurer des repères mortifères. Quand le peuple pressent qu’au plus haut niveau, le sens de l’état ne rime plus avec le sens de la justice, la violence, dans toutes les relations humaines, devient la norme.
In nous faut le reconnaitre : nous autres, chrétiens, nous assistons, bien souvent, avec trop d’indifférence, à cette lutte sans merci du mal contre le bien.
Aujourd’hui, notre société ne sait plus nommer le sens profond des valeurs sur lesquelles elle est fondée. Il est interdit en France de parler de nos racines judéo-chrétiennes. Il est interdit aujourd’hui, en France toujours, de rappeler que Noël est d’abord la Fête de la naissance du Sauveur du monde.
Il est interdit en France, aujourd’hui, de visionner avec des enfants un dessin animé parlant de Noël comme de la Nativité du Seigneur ; il est même nécessaire d’instaurer une cellule de soutien psychologique pour les enfants qui, en ayant visionné quelques minutes, pourraient ne pas se remettre d’un tel traumatisme. Cela s’est passé de fait, tout près d’ici, à Langon, le 13 décembre 2017. Nous pouvons ajouter d’ailleurs que, dans ces mêmes écoles, le retrait de toute charcuterie dans les menus de la cantine, est considéré comme une victoire de la laïcité. L’interdiction de manger du porc est bien pourtant une prescription religieuse de l’Islam et du Judaïsme.
Nous devons prendre conscience, me semble-t-il, que nous vivons notre Foi de chrétiens au cœur de ce combat sans merci des forces du mal contre le Sauveur du monde.
Nous devons en prendre conscience parce que nous savons que, même si nous devons mourir en raison de notre Foi, nous sommes en tout les grands vainqueurs, si nous restons fidèles à Jésus : Lui Seul nous sauve. Lui Seul sauve le monde.
C’est bien ce que nous rappellent les lectures de la fête de l’Epiphanie. La Gloire de Dieu, le Règne de l’Amour, seront reconnus de toutes les nations. Jésus sera Vainqueur, l’Amour ne disparaitra pas. Le danger dans lequel nous vivons n’est que temporaire. Saint Paul nous l’affirme avec force : le mystère aujourd’hui révélé « c’est que toutes les nations sont associées au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ Jésus, par l’annonce de l’évangile. »
Chrétiens de France, voilà notre mission, aujourd’hui comme hier. Voilà où doit nous conduire la fidélité à notre baptême. Le sens de nos existences est bien de nous prosterner comme les bergers, comme les mages, devant ce petit enfant qui porte le monde et lui révèle le miracle de l’Amour. Et puis, comme les mages, il nous faut repartir par des chemins inconnus parce que, comme le dit très justement Michel Corbin, « notre Foi surmonte toutes les apparences contraires pour accueillir ce qu’elle ne voit pas encore, notre Espérance accepte joyeusement que Dieu demeure au-delà de tout ce que nous avons déjà gouté de Lui, notre Charité imite l’insurpassable charité de Jésus en servant les plus petits de Ses frères. »
Réjouissons-nous, avec les bergers et les mages, devant le mystère aujourd’hui révélé au monde, pour marcher non plus dans les ténèbres de la mort mais dans la pleine Lumière du Salut ! Oui, suivons l’étoile qui nous indique la présence de l’Emmanuel, Dieu avec nous !

F. J-M