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Dans cette journée mondiale de prières pour les vocations, la liturgie nous invite à contempler Jésus, « le Bon Pasteur, le Vrai Berger ». Certes, nous pensons d’abord aux ministres ordonnés, aux religieux, aux moines et aux moniales, à toutes les personnes qui entendent un appel particulier du Seigneur.
Mais je crois que la prière pour les vocations, va bien au-delà. Je crois qu’elle est un appel à la vocation à la sainteté pour chacune et chacun d’entre nous. Comment d’ailleurs, une société humaine ferait-elle éclore des vocations particulières si elle-même n’est pas pétrie de sainteté ordinaire, de sainteté commune ?
La semaine dernière, le prédicateur s’inspirait largement de l’exhortation apostolique du Pape François sur « l’appel à la sainteté dans le monde actuel ». Il nous expliquait très bien comment seule la sainteté pouvait rendre témoignage du Christ Ressuscité.
Vivre du Christ Ressuscité, même si nous avons senti Sa Main nous guider, même si nous avons fait l’expérience de respirer grâce à Lui, ne se fait pas aussi facilement. La vie quotidienne est là, avec son lot de difficultés, d’embuches, de souffrances.
La Joie profonde de Pâques cohabite avec tout cela. Et c’est très bien. Nous le savons, c’est en ce monde-ci, c’est en ce temps présent, que nous témoignons de la Présence de Dieu parmi nous.
Nous ne nous évaderons pas du réel dans une pseudo spiritualité désincarnée. Nous avons les yeux fixés sur le Ciel, mais les pieds sur terre. Et comme il est dur de marcher quelquefois ! Surtout, comme il est difficile de voir à quel point l’Amour n’est pas aimé. Combien Notre Seigneur Jésus Christ est moqué, ignoré, bafoué… ! Oui, nous ne sommes pas du monde, mais nous y vivons et y accomplissons notre cheminement de sainteté.
Alors, il nous faut un guide. Un Pasteur.
Celui qui connait chacune et chacun de nous, non pas pour le juger, mais pour le soutenir de Sa Miséricorde.
La brebis ne connait pas le projet du berger. Mais elle le suit parce qu’elle le connait, lui, et sait qu’elle n’a jamais eu à regretter de le suivre.
Soyons comme des brebis, confiantes, abandonnées. Le Seigneur ne nous lâche jamais. Il ne demande que notre amour confiant.
Aucun autre guide ne nous conduira mieux, tout au long de notre pèlerinage terrestre. « En nul autre que Jésus, il n’y a de salut, car, sous le ciel, aucun autre nom n’est donné aux hommes, qui puisse nous sauver.»
Nous chrétiens, nous connaissons Notre Pasteur parce qu’Il nous a déjà fait le cadeau de la Foi.
Nous connaissons aussi nos sœurs, nos frères. Trop souvent d’ailleurs, nous sommes portés à les voir selon leurs limites, leurs défauts, leurs péchés. Apprenons à les regarder comme les « enfants d’un même Père », les brebis d’un même troupeau. Nous ne pouvons pas suivre le Christ Ressuscité si nous sommes seuls et isolés. Cela est au-delà de nos forces. Le Pasteur demande aux brebis de rester bien groupées.
Notre cheminement nous pousse toujours à une communion plus forte avec les autres. La première lecture nous le dit très clairement : tout ce que nous ferons « par le Nom de Jésus », parce que Sa Présence parlera en nous, permettra à la Vie, qui s’écoule des plaies du Christ, de redonner force et courage à ceux qui n’en peuvent plus.
Aimer jésus, Le suivre comme le Seul et Vrai Pasteur, nous conduit tout droit dans le cœur de Dieu. Nous conduit tout droit à la Sainteté. Cet appel n’est pas facultatif. Il ne concerne pas les seuls ministres ordonnés de l’Eglise. Il concerne toute femme, tout homme qui se veut chrétien.
Jésus Lui-même nous indique comment Le suivre. Les dernières phrases de Jean, dans l’Evangile de ce jour, sont très explicites. « Voici pourquoi le Père m’aime : parce que je donne ma vie, pour la recevoir de nouveau. Nul ne peut me l’enlever : je la donne de moi-même. J’ai le pouvoir de la donner, j’ai aussi le pouvoir de la recevoir de nouveau : voilà le commandement que j’ai reçu de mon Père. »
Annonçant par là Sa Mort et Sa Résurrection, Jésus nous entraîne à Sa suite, dans un abandon confiant pourvu que nous demeurions dans Son Amour. Son seul commandement : « Je vous donne un commandement nouveau : comme Moi-même je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. » Donner sa vie librement, la donner par Amour du Père qui a tout pouvoir. Accepter de mourir à soi-même, car l’Amour nous fait renaître, puisque, Lui, ne meurt plus. L’Amour ne meurt pas. L’Amour est comme une source sans cesse jaillissante du cœur de Dieu.
Voilà notre mission. Voilà notre chemin de sainteté. Et pour conclure, je voudrais citer notre Pape François : « quand nous scrutons devant Dieu les chemins de la vie, il n’y a pas de domaines qui soient exclus. Sur tous les plans de notre vie, nous pouvons continuer à grandir et offrir quelque chose de plus à Dieu, y compris sur les plans où nous faisons l’expérience des difficultés les plus fortes. Mais il faut demander à l’Esprit Saint de nous délivrer et d’expulser cette peur qui nous porte à Lui interdire d’entrer dans certains domaines de notre vie. Lui qui demande tout, donne également tout, et Il ne veut pas entrer en nous pour mutiler ou affaiblir mais pour porter à la plénitude. Cela nous fait voir que le discernement n’est pas une autoanalyse intimiste, une introspection égoïste, mais une véritable sortie de nous-mêmes vers le Mystère de Dieu qui nous aide à vivre la mission à laquelle Il nous a appelés pour le bien de nos frères. » Qu’il en soit ainsi pour chacun !

F. J-M