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« Les temps sont accomplis… »
Les trois lectures entendues ce dimanche, laissent une forte impression par rapport au temps : le temps n’a plus de durée, il est comme contracté.
Jésus se manifeste, Il appelle, et « aussitôt » les disciples appelés laissent tout, et le suivent.
Oui, par la présence de Jésus parmi nous, « les temps sont accomplis ». Désormais, avec Lui, le temps n’a plus la même signification car, vraiment, Dieu est là au milieu des hommes. Il s’est manifesté, il n’est plus temps pour nous que de Le trouver, et de Le suivre.
Déjà dans l’Ancien testament Dieu appelle Jonas. Certes, celui-ci a cherché à esquiver sa mission, mais dès lors qu’il comprend que l’appel de Dieu est irrévocable, il s’exécute avec une rapidité à peine croyable. Etait-il possible de parcourir Ninive en un seul jour ? Peu importe ! Ce qui compte, c’est la hâte de Jonas, à laquelle répond la conversion des habitants de Ninive. Et Dieu ne tarde pas à accorder Son pardon : c’est maintenant que Dieu veut entrer en relation avec Ninive !
Dans l’évangile de Marc, les disciples, aussitôt appelés, suivent Jésus. Ne faisons pas de contre sens : ils ne quittent pas père, compagnons, famille, travail, par manque d’amour, mais parce que Jésus devient premier dans leur vie. L’amour de Jésus les renvoie différemment vers leurs frères. Ils deviennent des pécheurs d’hommes. Marc invite à comprendre comment la présence de Jésus transforme leurs vies et leur donne une nouvelle orientation.
Quand Jésus déclare : « les temps sont accomplis », Il nous signifie clairement que, désormais, plus rien n’est à vivre de la même façon. L’Incarnation de Dieu en Jésus, encore si proche dans nos mémoires, Son Epiphanie parmi les hommes, nous introduisent très vite dans le ministère de Jésus. La semaine dernière, Jean nous montrait Jésus choisissant en Simon la pierre sur laquelle Il voulait bâtir son Eglise. Aujourd’hui, la liturgie nous immerge, nous-mêmes, dans ces temps nouveaux que Jésus inaugure. Oui, « les temps sont accomplis, le Règne de Dieu est tout proche ».
Mais, il importe que nous laissions advenir ce Règne de Dieu ! Jésus nous dit comment cela peut se faire: « Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle ». Et Saint Paul, dans la seconde lecture, donne la méthode de cette conversion.
Il ne s’agit pas de quitter sa femme, de ne plus pleurer, de ne plus être heureux, de ne plus tirer profit du temps présent. Non, il ne s’agit pas de cela ! Désormais, il n’est plus possible de vivre tout cela « comme si ». Comme si la Bonne Nouvelle n’était pas advenue avec Jésus, présent dans nos vies, au commencement et à la fin de tout. De tout amour conjugal, de toute joie, de toute peine à supporter, de toute entreprise humaine à mener à bien !
Laisser advenir le Règne de Dieu dans nos vies, c’est donner sens à l’Incarnation de Jésus, en vivant de sa présence. C’est vivre du Christ, comme l’exprime si heureusement St Paul quand il dit : « Pour moi, vivre, c’est le Christ. »
Alors, effectivement, le temps n’a plus la même signification, car, d’une certaine manière, Jésus nous donne, dès ce monde, de participer au monde de Dieu, à Son infini !

F. J-M