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Aujourd’hui, si nous sommes là, présents, réunis pour clôturer le Temps Pascal avec l’advenue de l’Esprit-Saint, c’est bien parce que nous croyons en Lui. Car on ne fête pas ce à quoi on n’adhère pas.
Croire en l’Esprit Saint et croire en l’Amour: c’est synonyme. L’Esprit Saint n’a pas d’autre réalité que l’Amour ! Il est le lien indissoluble qui unit Jésus-Christ à Son Père. Il est la respiration incessante dans laquelle le Père et le Fils communient. Jésus n’a cessé de le dire : « Je suis dans le Père et le Père est en moi.» «Que tous soient un. Comme toi, Père, tu es en moi et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous ! »
Fêter l’Esprit saint, c’est fêter l’Amour. J’ai même la faiblesse de penser qu’à part cela, c’est-à-dire, qu’en dehors de l’Amour, il n’y a rien qui puisse nous mobiliser autant en ce monde et nous donner la vraie joie de vivre !
Mais comme il est difficile d’y croire vraiment ! De fait, il est impossible à nos seules forces humaines, à notre volonté, livrée à elle-même, de penser que la force de l’Amour soit telle qu’elle puisse unir deux personnes dans un seul et même élan.
Encore s’agit-il d’essayer de comprendre à quel amour l’Esprit de Jésus nous conduit. Quel contraste du reste, entre la venue silencieuse de Jésus au soir du Premier Jour, et la proclamation de Pierre aux foules, « des Juifs religieux, venant de toutes les nations sous le ciel » ! Oui, quel contraste avec les lames de feu et le grand bruit annonçant la venue de l’Esprit sur les disciples assemblés avec Marie. Que cela ne nous étonne pas : notre Foi en l’Esprit Saint ne peut que nous déconcerter. L’Esprit nous veut disponibles à Sa venue, réceptifs à Son bon vouloir. Cette absolue disponibilité, cet abandon, nécessaire pour l’accueillir, en est aussi le fruit qui nous permet de le comprendre.
Jésus « souffle » sur ses disciples ; c’est comme un souffle créateur, au soir de la Résurrection. Alors, pourquoi cette phrase mystérieuse : «A qui vous remettrez ses péchés, ils seront remis ; à qui vous maintiendrez ses péchés, ils seront maintenus. » ? Pour essayer de la comprendre, ne nous égarons pas dans la recherche d’une Loi condamnant le pêcheur. Le « souffle divin »de l’Amour, reçu par les Apôtres, les institue donc juges de l’Amour. « C’est à l’Amour que vous serez jugés » avait d’ailleurs dit Jésus, à ces mêmes hommes. Les Apôtres, sont bien les dépositaires de ce Souffle. Et, à leur suite, les chrétiens que nous sommes, nous le sommes aussi ! Il s’agit toujours de l’Amour inconditionnel de Dieu pour chacun de ses enfants, Amour qui n’attend qu’un « oui » en retour ! Le refuser, c’est justement, la définition du péché.
C’est là le Commandement Nouveau, la Loi par excellence: « nous aimer les uns les autres, comme Lui-même nous a aimés ».
Revenir sans cesse à cette source vivifiante originelle ne vient pas de nous. Elle vient de l’Esprit que nous fêtons aujourd’hui. Lui seul est capable de vaincre en nous le Mal, la haine, le rejet, la condamnation. Lui seul est capable de créer la communion et l’entente, entre les hommes, entre nous !
Nous ne pouvons vivre que si nous vivons unis au Christ, comme Lui-même est uni à Son Père. C’est-à-dire si nous vivons, participants de cette respiration universelle d’Amour.
Ainsi, l’Esprit Saint est tout à la fois, la source et l’aboutissement de tout Amour, l’alpha et l’oméga de toute relation définitive car fondée en Dieu. Toute relation d’Amour, d’Amitié, n’est véritable et durable que si elle participe de l’Esprit que nous recevons aujourd’hui. Tout homme qui s’en sépare trouve sa propre condamnation dans son choix. L’absolue disponibilité de Dieu envers Jésus, Sa dépossession de Lui-même en Son Fils, est le modèle qui fait de nous des êtres vivants, unis au Christ dans un total abandon et pouvant ainsi s’aimer soi-même et aimer son prochain.

F. J-M