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En cette nuit, naît pour nous le Sauveur du monde.
Lorsqu’Il créa le monde, pouvons-nous dire que Dieu avait pensé qu’un jour ce monde aurait besoin d’un Sauveur? En cette nuit, « un enfant nous est né », Il s’appelle Jésus, c’est-à-dire : « Dieu sauve ». Il est le Fils Unique de Dieu, vivant de toute éternité. Avant même qu’Adam fut créé, « Il était », Lui que nous contemplons émerveillés, cette nuit, comme le fils de Marie.
Le Livre de la Genèse nous enseigne que, lorsqu’Il créa Adam, Dieu l’avait voulu « à Son Image et à Sa Ressemblance ». Adam est aussi à l’image de ce Fils Bien Aimé. Mais, pour avoir préféré les séductions de Satan, pour avoir choisi la désobéissance, Adam s’est éloigné de l’image du Fils. Fidèle à son dessein créateur, au-delà de l’Alliance, au-delà de la Loi, le Père, dans son Amour, voulait donner à Adam le chemin du salut, car Satan ne lâche jamais facilement sa proie. Par la voie des Prophètes, jusqu’à Jean-Baptiste, jusqu’à cette nuit, la Création toute entière crie son espoir en Dieu, son Créateur.
Cette nuit, la Création est exaucée.
Cette nuit, Dieu Lui-même vient apporter au monde le Salut sans lequel le monde ne peut pas tenir.
Cette nuit, la Création se dilate.
Cette nuit, la Création échappe à l’emprise de Satan.
Cette nuit, Dieu Lui-même se fait homme pour nous sauver de la séduction de l’Ange orgueilleux.
Cette nuit, César Auguste recense tous les hommes du monde connu. Ils sont les contemporains d’un évènement radicalement nouveau, et voilà qu’ils sont comptés, comme pour n’en oublier aucun ! C’est pour l’humanité toute entière que le Christ naît cette nuit. Nous le savons bien et nos existences humaines nous le confirment, lorsque nous sommes à la veille de grands bouleversements, de grands changements, nous procédons auparavant à une sorte d’état des lieux, à un inventaire. Cette nuit, Auguste se fait l’auxiliaire de Dieu en lui présentant l’état de l’humanité, mais une humanité prisonnière du péché, même si elle n’appartient qu’à Dieu.
Pour venir à la rencontre de l’homme, Dieu ne vient pas, comme nous le présente parfois la Bible, en Créateur de toutes choses, en un Dieu Tout-Puissant dont le souffle seul suffit à donner la Vie au chaos. Non, Dieu, cette nuit, vient à nous sous la forme d’un petit enfant nouveau-né.
C’est là la seule forme qui puisse aider les hommes à connaître la véritable nature de Dieu. En choisissant l’image de la faiblesse la plus totale pour se donner au monde, Dieu choisit d’ouvrir aux hommes le chemin de l’Amour. L’unique raison de l’Incarnation de Dieu réside dans son Amour. C’est par l’Amour seul que l’homme pourra retrouver le chemin perdu de la ressemblance initiale en Celui qui est tout Amour.
En choisissant cette façon de nous sauver, Dieu veut rester fidèle à son dessein créateur : en suivant Jésus, tout homme peut à nouveau retrouver le chemin de la ressemblance divine. Par ce choix, Dieu reste fidèle à la Création première, tandis qu’Il façonnait l’homme « à Son Image et Ressemblance ».
Cette nuit, nous sommes invités à contempler la miséricorde de Dieu pour le monde, pour chacun des hommes, pour chacun de nous. Nous ne pouvons qu’être confondus par tant d’Amour et donc nous ne pouvons que rendre grâce : rien en nous ne justifie une telle miséricorde si ce n’est l’Amour dont nous sommes aimés.
Si nous suivons l’enfant qui vient de naître, Jésus-Christ, nous ferons l’expérience de l’Amour et nous retrouverons ainsi le chemin du Paradis perdu, l’Eden dont Adam fut chassé du fait de sa désobéissance, de son refus de l’Amour.

F. J-M