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C’est alors que Denise était déjà dans l’ultime étape de sa vie que, avec elle et ses proches, ont été choisies les lectures que nous venons d’entendre pour la liturgie qui nous rassemble autour d’elle, en ce jour de ses funérailles. Ces textes traduisent, d’abord et avant tout, me semble-t-il, la foi de Denise et donc quelque chose de fondamental dans son cheminement de femme, d’épouse, de mère, d’amie de chacun d’entre nous ici rassemblés : sa famille proche, ses ami(e)s, mais aussi ses Frères de la communauté monastique du Désert et les « Laïcs Cisterciens » rattachés à notre communauté.
La première lecture de St Paul aux Corinthiens, nous livre une déclaration forte sur la Foi de Denise : « Ô Mort, où est ta Victoire ? » Oui, la mort nous fait peur, parce qu’il nous semble que c’est la fin de tout. Mais notre Foi nous rappelle fortement que Jésus est passé de la mort à la Vie qui ne finit pas. Et nous sommes tous appelés à partager cette victoire sur la mort. Il n’y avait pas de doutes sur ce point pour Denise, même si, à certains moments, elle a pu ressentir peurs et interrogations !
Depuis des semaines déjà, Denise connaissait son état. Très vite elle a accueilli ce qui lui advenait dans une paix profonde, une paix qui lui venait de sa Foi en Jésus Ressuscité. Ses proches, ses amis, qui ont eu la grâce de la visiter et de l’accompagner, pendant ces dernières semaines, ont été soutenus par la paix que Denise rayonnait autour d’elle ! Les rôles étaient inversés : c’est elle qui soutenait son entourage et non le contraire ! J’en ai fait l’expérience, personnellement, tandis qu’elle recevait le sacrement des malades dans sa chambre.
Il est opportun de signaler que, si nous sommes réunis ici dans le monastère de Ste Marie du Désert, c’est que Denise était très attachée à ce lieu et qu’elle a désiré fortement vivre son « grand passage » au milieu de la communauté, entourée de ses frères. C’était aussi sa manière de nous redire que c’est ici, que bien souvent, elle avait trouvé la lumière pour assumer sa vie de tous les jours avec ses joies mais aussi avec ses souffrances. C’est ainsi qu’elle a pu prendre toute sa place dans la « Fraternité des Laïcs Cisterciens ». Il ne s’agissait pas pour Denise de fuir sa vie de femme, d’épouse et de mère, au contraire ! C’est ici qu’elle a pu assumer toute cette réalité humaine et lui donner tout son sens. La paix avec laquelle elle a vécu la dernière étape de sa vie, alors que le mal la rongeait, est bien la preuve la plus évidente de ce beau chemin qui a été le sien.
Le psaume 22, retenu comme réponse à la première lecture nous traduit, à sa manière, le fruit de la Foi qui se manifestait dans l’abandon de Denise à la volonté du Seigneur ! C’est bien au nom de Denise que nous avons pu chanter au Seigneur :
« Le Seigneur est mon berger : je ne manque de rien !
« Il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre ;
« Si je traverse les ravins de la mort, je ne crains aucun mal,
Car tu es avec moi !
« Grâce et bonheur m’accompagnent tous les jours de ma vie ;
J’habiterai la maison du Seigneur pour la durée de mes jours. »
C’est là, je n’en doute pas, quelque chose du secret de la vie de Denise, de sa vie avec Dieu et en Dieu! Je suis persuadé qu’en ce jour où nous l’entourons, Denise nous transmet ce qui lui a donné de vivre heureuse et paisible.
La lecture de l’évangile de l’apparition de Jésus Ressuscité à Marie-Madeleine était un texte que Denise aimait particulièrement : elle se sentait rejointe par cette femme qui avait tout misé sur Jésus. Car en fait Marie-Madeleine était une femme qui avait longtemps cherché le véritable amour ! Quand elle s’est laissé séduire par Jésus, personne ni rien d’autre ne pouvait l’intéresser. La recherche de Denise avait quelques chose de cela ! C’est bien cela qui l’a orientée vers notre abbaye du Désert et puis vers la Fraternité des « Laïcs cisterciens ». Ici, elle avait rencontré Jésus et ici aussi, dans notre église, elle aimait se retrouver pour donner sens à sa vie de tous les jours.
Oui, nous pouvons rendre grâces au Seigneur pour ce cadeau qui nous a été donné par Denise, et ce, pour chacun et pour tous. A présent qu’elle a vécu sa Pâque, à présent qu’elle est pour toujours avec le Seigneur qui l’a appelée par son nom : « Denise », osons, nous aussi, nous tourner vers elle en lui demandant de veiller sur chacun de nous, sur le chemin qui est le nôtre, afin que nous aussi, nous rencontrions toujours plus intensément le Seigneur de la Vie, la Vie plus forte que la mort et que nous devenions de plus en plus des hommes et des femmes de paix, comme elle l’a été ! Oui, Denise, veille sur chacun de nous, sur chaque membre de ta famille, sur chacune et chacun de tes amis, sur tes frères du Désert. Tu es arrivée au bout du chemin de l’amour ! Désormais tu es, face à face pour toujours avec le tout-Amour, avec Celui que tu as cherché et que tu as trouvé, comme Marie-Madeleine ! Merci à toi de rester une lumière sur nos chemins de vie !

F. J-M