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Homélie pour les Saints Fondateurs 26 janvier 2010 (C) |
« Comme il sera difficile à ceux qui possèdent des richesses d’entrer dans le royaume de Dieu. » (v.23)
Peut-être avons-nous été également « stupéfaits de ces paroles » du Seigneur. Et pourtant nous avons embrassé notre vie cistercienne et passé par delà les difficultés ou même les impossibilités. Pourquoi ? Parce que, comme Jésus l’a répondu : « Pour les hommes, c’est impossible, mais pas pour Dieu ; car tout est possible à Dieu. »
Autrement dit : certes, cela nous a demandé une décision personnelle, ou plutôt a suscité une réponse de notre part ; car l’essentiel, ce fut l’appel personnel du Seigneur, que nous en ayons eu conscience ou non.
Lorsque nous regardons l’œuvre de nos fondateurs, les Saints Robert, Albéric et Etienne, nous devons d’abord reconnaître cet appel précis du Seigneur. Mais il y a davantage. Saint Robert surtout était alors bien engagé dans la vie monastique. Mais il voulut retrouver la pureté de cette vie : sans action extérieure, sans ministère, sans rien, sinon la recherche pure et simple de l’intimité du Seigneur !
« Grâce à la foi, Abraham obéit à l’appel de Dieu ; il partit pour un pays… sans savoir où il allait. Grâce à la foi, il vint séjourner comme étrange dans la Terre Promise. » (Hb.11)
Voilà exactement notre vocation monastique : seuls avec Dieu, libérés le plus possible de ce qui occupe le plupart des humains. Nos saints Fondateurs ont réagi contre la tendance à s’occuper d’autre chose que la recherche de l’intimité de Dieu. Peut-être, aujourd’hui encore s’ils nous revenaient, nous obligeraient-ils fermement à nous orienter de nouveau vers cette unique et essentielle recherche. Voilà soixante ans que je constate de mes yeux tellement de changements, de libertés, voire de déviations, après toutes celle de l’histoire de notre Ordre, malgré plusieurs réformes comme celle de Rancé entre autres. D’où de notre part, un effort personnel et constant. Rien que le Seigneur, et l’essentiel de notre vie matérielle accomplie autant que possible sous Son regard.
La liturgie nous offre le choix entre cet évangile et celui de saint Jean, au chapitre 15 : « Demeurez dans mon amour… Je vous dis cela pour que ma joie soit en vous et que vous soyez comblés de joie. Mon commandement, le voici : Aimez-vous les uns les autres comme Je vous ai aimés… Ce n’est pas vous m’avez choisi, c’est Moi qui vous ai choisis et établis, afin… que vous donniez du fruit et que votre fruit demeure. »
Je ne puis vous exprimer meilleur souhait et meilleur encouragement.
Amen.
Fr. P
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