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Homélie pour le 2ème dimanche du temps ordinaire 17 janvier 2010 (C) |
Pourquoi Jésus repousse-t-il tout d’abord la demande de Marie ? « Femme que me veux-tu ? Mon heure n’est pas encore venue.»
Jésus peut-il se tromper sur les motivations de Marie ? Difficile à croire ! Il ne peut pas douter qu’elle se tourne vers Lui seulement poussée par la détresse des amis qui les ont invités et qui se trouvent dans une situation bien délicate.
S’agit-il pour Jésus d’une réaction de la même nature que celles du Dieu jaloux de l’Ancien Testament ?
Ou bien l’évangéliste a-t-il voulu souligner que rien, absolument rien, n’oblige le Seigneur à nous dispenser Sa miséricorde? Jésus eut pu refuser. Il eut pu choisir seul le jour et l’heure de Sa première manifestation. Mais il se fut alors agi d’une prise de pouvoir, de l’homme Jésus, sur Sa mission divine : ce qui ne peut être car en Lui rien ne divise les deux natures.
Non, il fallait seulement à Jésus une motivation plus puissante qu’aucune autre pour le décider à manifester Sa gloire et que St Jean met magnifiquement en lumière dans le dialogue de Jésus et de Marie. Au fond de Son cœur, Il nomme Marie Sa Mère, et, Son premier miracle, Il l’opère pour elle.
Marie ne doute pas plus de l’amour de Jésus qu’elle n’a douté de la puissance de l’ange. Elle croit en la puissance agissante de cet amour: « Faites tout ce qu’il vous dira» dit-elle aux serviteurs.
A l’image du dialogue de Jésus et de Sa mère, tout ne devient plus alors dans cette page d’évangile que réponse de l’amour à l’amour. Par le … « faites tout ce qu’Il vous dira » de Marie, St Jean nous invite à entrer nous aussi dans ce dialogue. L’enseignement de St Jean devient alors limpide ; nous aussi, quoique nous entreprenions, nous sommes totalement dépendants de la confiance que nous mettons dans le Seigneur. Nos œuvres demeurent imparfaites tant qu’elles ne sont pas remises, par l’intercession de Marie, entre les mains de Jésus, pour qu’Il les rende parfaites.
Comme le marié de Cana, nous mettons tout notre cœur, généralement, à ce que nous organisons. Nous ne pouvons pas douter que ce jeune homme n’ait prévu, de longue date, comment recevoir au mieux ses invités et ses amis, leur faire partager sa joie et garder avec eux un souvenir inoubliable de cette journée. Rien n’avait dû être laissé au hasard et nous ne pouvons pas imaginer qu’une négligence aurait pu le conduire à subir l’affront qui eut été le sien, sans l’intervention de Marie.
Bien au-delà encore, toutes nos entreprises humaines ne demeureront que des ébauches, si elles ne sont pas vécues, du plus profond de notre cœur, dans la même confiance et le même abandon que Marie. Elle est un guide sûr qui nous amène au cœur de Jésus afin que Lui nous transforme, ou plutôt que nous nous transformions en Lui parce que le dialogue auquel nous participons ne nous laisse pas indemnes.
Ce ne sont généralement pas des évènements spectaculaires. C’est dans l’humble réalité du quotidien qu’il faut vivre cette prière incessante : « Marie, intercède auprès de Jésus ! Qu’Il me porte et qu’Il vive à travers moi ! Non pas ma volonté, mais la Sienne ! »
L’existence de Marie s’est vécue ainsi, cachée, humble, mais dans un incessant dialogue d’amour avec Son Fils, dont nous sommes les seuls bénéficiaires.
Passage d’humilité qui nous conduit du pouvoir à l’abandon, tout en continuant à mettre toutes nos forces, toutes nos capacités, toute notre patience, à atteindre le meilleur dans notre existence.
Ce meilleur c’est l’amour dont nous aurons été capables. Jésus nous le dira « c’est sur l’amour que vous serez jugés ». Il nous reste à apprendre, comme nous y invitent nos Pères Cisterciens, ce que signifie aimer, comment aimer. Comment laisser l’Amour dont Dieu à pris l’initiative, par Marie, nous transformer à l’image de Jésus. C’est cela qui nous fera nous exclamer, comme le maître du repas, et reconnaître la puissance et la gloire de Dieu, à travers les pauvres serviteurs inutiles que nous sommes.
Fr. J -M
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