Homélie pour le

2ème dimanche de l'Avent

6 décembre 2009 (C)

 

J’aime bien le jeu des contrastes dans la parole de Dieu. Dimanche dernier contraste extraordinaire : le ciel tout chamboulé, le soleil, la lune les étoiles sans dessus dessous, à tel point que des hommes meurent de frayeur et la parole de Jésus à ses disciples : vous redressez-vous et relevez la tête… et prenez au sérieux votre vie quotidienne : ne vous endormez pas, ne vous empâtez pas et veillez. 

Aujourd’hui, Luc nomme les grands de l’époque : l’empereur Tibère, en l’honneur de qui Hérode et Hérodiade font construire une ville, Tibériade, Ponce Pilate, le même Hérode, Philippe son frère et Lysanias, les grands prêtres Anne et Caïphe, tout simplement pour planter le décor.

Contraste : ni Dieu ni le personnage important ne sont dans leurs palais mais au désert ! Son dessein, Dieu l’exprime en toute liberté à des hommes et des femmes venus au désert pour être libres. Le personnage principal est un original vêtu de peau et de vêtement en poil de chameau, mais cet original, Jean le Baptiste, est prophète ! 

Un autre contraste : celui de la symbolique du changement de paysage chez Baruc qui reprend Isaïe : les montagnes, les collines, les ravins, tout sera aplani ; les chemins tortueux seront redressés. Il faut faire une route pour que le Seigneur vienne à nous, il faut faire une route pour que nous allions à la rencontre du Seigneur… 

Contraste encore : le Seigneur fait un monde nouveau avec ceux qui sont partis a pied, encadrés ou enchaînés par l’ennemi et qui reviennent portés en triomphe. Les humiliés, glorifiés ! Pour ce monde nouveau, où tout homme verra le salut de Dieu, quelles invitations le Seigneur nous lance-t-il au cœur de nos vies quotidiennes ? Paul écrit aux Philippiens avec joie et tendresse. Il souhaite que leur amour ne cesse de les faire progresser « de plus en plus dans la connaissance vraie et la parfaite clairvoyance » qui leur feront discerner ce qui est le plus important. Le plus important ? L’important c’est bien qu’un jour les fausses grandeurs soient nivelées pour que les hommes vivent l’amour fraternel que veut pour eux le Seigneur. Hérode, son Frère Hérode et Hérodiade   C’est peut-être le moment de discerner les repères que je peux me donner ou redonner dans ma vie pour la prière, pour les sacrements, pour vivre la charité… Le moment de discerner, pour vivre l’amour fraternel, à quelles remises en cause personnelles je suis invité ; à quels changements du regard, de l’écoute, de l’accueil ; à quels pardons à demander ou à donner.  C’est peut-être l’occasion d’une visite à une personne malade, d’une parole à une personne exclue, d’une lettre à une personne oubliée… 

C’est peut-être encore l’occasion d’être attentifsparticulièrement aux nouvelles pauvretés, toutes proches ou fort lointaines, comme nous y invitent les évêques de France, et cela pour nous préparer à vivre Noël autrement pour  vivre autrement. Amen.

 

P. M. Baurier, prêtre de Toulouse

 

       Fermer la fenêtre               Haut de page Haut de page