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Le mot du Père-Abbé

« La vie monastique, à quoi est-ce que cela sert ?» Voilà une question que l’on nous pose bien souvent,… et bien souvent, par boutade ou provocation, nous répondons qu’elle ne sert à rien, pas plus qu’une fleur perdue au milieu d’un champ !
Manière de dire qu’il s’agit en réalité d’une question à laquelle il est bien difficile de répondre. Pourquoi ? Parce que nous touchons à un double mystère : mystère d’un appel et mystère d’une réponse. L’appel ? Celui du Christ qui invite à tout quitter pour le suivre. La réponse ? Celle d’un homme ou d’une femme qui s’est laissé « éveiller » par cet appel et qui décide alors d’inscrire les pas de sa vie dans les pas de Celui qui, en se donnant, nous a tout donné.
Comme en écho à ce double mystère : double folie !
Folie de la croix : folie d’une vie livrée – celle de Jésus – qui va jusqu’au bout de l’amour, d’une vie donnée qui va jusqu’au bout du don, afin que les hommes aient la vie, et qu’ils l’aient en abondance !
Et folie de la réponse : celle d’un homme, celle d’une femme, qui accepte un jour - jour après jour - de « tout perdre », de « se perdre », afin de tout gagner ». « Que sert-il en effet à l’homme qu’il gagne le monde entier s’il ruine sa propre vie ? » (Mc 8, 36). Aussi bien, en réponse à cette Parole de Jésus, tout moine, toute moniale, en est-il alors un jour arrivé à dire, comme saint Paul, mais à sa façon : « À cause de lui, j’ai accepté de tout perdre, afin de gagner le Christ » (Phil. 3, 8),… ou encore, à la manière de saint Pierre, en est-il venu à faire siens les mots du premier des Apôtres et à balbutier avec lui : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 68) !
Bien sûr, un site internet comme celui dans lequel vous venez d’entrer n’a pas la prétention, ni même la vocation, à répondre à toutes les questions que, visiteurs occasionnels ou même coutumiers des monastères, vous pourriez vous poser sur la vie monastique, sur ce qui, mystérieux, pourrait bien se passer derrière les murs apparemment infranchissables de ce que nous appelons la « clôture », cet espace privé « réservé aux moines » ! Au moins le présent site – en tout cas, nous l’espérons - vous offrira-t-il la possibilité de découvrir : mieux d’entre-apercevoir « quelque chose » de ces vies d’hommes qui, au Désert, sous la Règle de saint Benoît et sous la conduite d’un abbé, ont « engagé » toute leur existence à la suite du Christ pour se recevoir de Lui comme fils bien-aimés du Père et, par Lui et dans l’Esprit, s’accueillir mutuellement comme frères unis par le lien de la charité.

F. Pierre-André, abbé